Il y a 4 ans, un groupe de 5 professeurs travaillant dans une école privée de 1000 élèves environ décide, déçu par les conditions de scolarité, de fonder son propre établissement. Groupe original dans la mesure où il est composé d'amis de nationalités différentes : Togolais, Ivoirien, Béninois et bien entendu Guinéens.
Partenaire dans l'aventure et donc actionnaire, chacun investit la somme de 750 euros et le groupe s'associe avec un ancien entrepreneur pour la construction des locaux. Cet actionnaire un peu particulier manifeste un tropisme fort pour l'éducation et souhaite également donner sa chance aux nouvelles générations. Bien entendu, altruisme ne rime pas avec ruine et il souhaite également rentrer un jour dans ses fonds. Son investissement est estimé à 20 à 25 000 euros.
Situation actuelle:
La progression des inscriptions depuis 4 ans a été régulière et soutenue. Pour l'année scolaire 2002-2003 160 élèves sont inscrits de la 6ème à la Terminale. 4 salles pour accueillir des classes primaires sont actuellement en construction et seront prêtes à la rentrée prochaine. L'effectif pourrait alors atteindre les 280 élèves.
L'objectif est
de ne pas dépasser le nombre de 35 élèves par classe. Progrès considérable
par rapport au public où certaines classes comprennent près de 100 élèves. Seules
les bancs de devant peuvent alors écouter un professeur très démotivé.
Les locaux sont agréables, avec un terrain de basket entouré par les salles
de classes. Un peu comme un patio.
Scolarité:
Le coût d'une
année scolaire est de 300 000 francs guinéens, normalement payé chaque mois,
mais pour le moment cela est géré à l'africaine, en tenant compte des possibilités
des parents. Il est bon de savoir toutefois que le taux de paiement en fin d'année
(septembre) est proche de 90%.
L'école prend en charge les frais d'assurance des enfants, ce qui ne se fait
habituellement pas et assure également la venue de médecins pour des campagnes
de vaccination.
L'école est bien
entendu reconnue et agrée par le Ministère Guinéen de l'Education et est à ce
titre régulièrement inspectée. Le nombre d'élèves diminue plus le niveau augmente
et c'est l'un des écueils que veulent juguler nos amis.
L'outillage pédagogique est très réduit, peu de livres, pas de matériel de laboratoire
simple (molécules à montrer par exemple). Chaque professeur gère ses ouvrages,
rangés à la fin des cours. Il n'est actuellement pas possible à chaque élève
de disposer d'un ouvrage et donc les cours sont souvent recopiés au tableau
ou dispensé oralement, méthode adaptée à l'enseignement traditionnel, notamment
le Coran et les contes. Il faut souligner que l'un des objectifs de l'école
est de scolariser des élèves dont les parents ne disposent pas des ressources
suffisantes dans un ratio de 10 à 15 % de l'effectif total. Actuellement, 17
élèves sont accueillis de la sorte.
Gestion:
Les professeurs sont payés à l'heure, environ 2000 à 2500 FG. C'est un bon taux horaire mais il permet de travailler avec des professeurs motivés et sélectionnés. Les dépenses sont scrupuleusement inscrites dans un grand journal et un comité de gestion réunissant tous les actionnaires se réunit chaque mois. Compte tenu de la phase de démarrage, aucun des actionnaires ne touche de dividende naturellement et nos amis, qui sont également professeurs, renoncent parfois à leur salaire pour joindre les deux bouts. Ils vivent alors deux mois avec un salaire.
Confiance:
Nous ne tenons pas à jouer au gendarme avec les créateurs de l'école. D'une part, ils ne nous ont pas attendu pour créer l'établissement, d'autre part nous avons trop souvent apprécié les effets néfastes d'un contrôle rigide: démotivation et arrêt du projet au départ des personnes extérieures. Bien entendu nous souhaitons obtenir des justificatifs de l'utilisation des fonds mais plus dans une logique d'associés. Le risque fait partie intégrante d'une action qui se veut partenariale, active et humaniste (plutôt qu'humanitaire, beau mot mais parfois galvaudé).
Responsabilité:
Elle est double. Responsabilité des dirigeants de l'école en terme de bonne gestion, de qualité de la formation. Mais également responsabilité de Koïma en ne s'immisçant pas dans les choix des guinéens et en créant au contraire un cadre propice au débat, parfois au désaccord, et bien entendu en ne promettant pas ce qui ne peut être tenu.
Fierté:
Parce qu'il nous sembleindispensable que les élèves soient fiers de leur école, qu'ils soient fiers d'y suivre un enseignement de qualité. Bref qu'ils soient fiers d'apprendre.
Qualité:
En aidant l'école à acquérir ce qui lui manque en terme d'ouvrages pédagogiques, en lui permettant de comparer les programmes existant dans d'autres pays pour les faire évoluer dans les limites permises par l'Etat guinéen. Enfin qualité car il s'agit avant tout de former des hommes.